L'évolution de la signature de Napoléon du capitaine Bonaparte à Sainte-Hélène
Il est intéressant d'observer l'évolution de la signature de Napoléon : du simple Bonaparte, quand il n'était encore que capitaine d'artillerie en 1792, au simple Napoléon au paraphe tranchant des années 1800, lorsqu'il était déjà empereur. En 1798 encore, en Égypte, Napoléon signait de son nom de famille.
La signature au bas de la proclamation de la victoire d'Austerlitz est présomptueuse, tranchante, élancée vers le haut. Celles de Berlin, de Tilsit et de Madrid s'ornent d'un N colossal : qu'y voir, sinon la croissance de la vanité ? Un N tout simplement énorme apparaîtra au bas des documents signés après la bataille de Moscou : Napoléon était, pour ainsi dire, graphiquement à son zénith.
Mais après la fuite de Moscou, la signature devient embrouillée et indistincte. Le griffonnage de Dresde témoigne de la nervosité et de l'incertitude. La signature qui suit l'écrasante défaite de Leipzig en 1813 est hachée, nerveuse, confuse, bref défaitiste : l'homme avait tout de même perdu ses conquêtes européennes. À Fontainebleau, c'est comme si un tout autre Napoléon tenait la plume. Sur l'île de Sainte-Hélène, Napoléon ne laisse plus qu'un vague gribouillis.