La montagne de mains du Musée archéologique de Cagliari, capitale de la Sardaigne, a rappelé la scène touchante d'« Call Me by Your Name » où les héros assistent à la remontée d'une statue du fond de la mer Égée, où Oliver tend à Elio une main de bronze,
Ces mains-ci aussi ont été tirées du fond, non pas de la mer, mais d'un marais. Découverts en 1891 dans le marais de Santa Gilla, ces objets de poterie datent des IVe-IIIe siècles av. J.-C. Ce sont des mains votives, c'est-à-dire offertes en don à la suite d'un vœu, de style hellénistique. Les Phéniciens, établis ici depuis le VIIIe siècle av. J.-C., offraient aux dieux des objets d'argile en forme de mains, d'yeux, de visages, de navires, en remerciement d'une prière exaucée.
La tradition des objets votifs est propre à de nombreuses cultures antiques et a été reprise par l'Église chrétienne : plaquettes, statues offertes, fleurs ou bijoux déposés devant les icônes : tout cela relève des dons ex-voto. Tout comme le bracelet de grenats de Kouprine, qui, à la fin du récit, se révèle avoir été offert à l'icône de la Mère de Dieu.