Il est des visages semblables à de fastueux portails, où le grand se devine partout dans le petit
Il est des visages semblables à de fastueux portails,
Où le grand se devine partout dans le petit.
Il est des visages, images de misérables masures,
Où le foie mijote et où la caillette trempe.
D'autres, froids et morts,
Sont fermés par des grilles, comme un cachot.
D'autres encore sont comme des tours où, depuis longtemps,
Personne ne vit ni ne regarde par la fenêtre.
Mais j'ai connu autrefois une petite chaumière,
Elle était sans beauté, elle était pauvre,
Et pourtant de sa fenêtre, sur moi
Coulait le souffle d'un jour de printemps.
En vérité, le monde est grand et merveilleux !
Il est des visages, images de chants exultants.
De ces notes, brillantes comme le soleil,
Est composé le chant des hauteurs célestes.
Traduction littérale
Nikolaï Zabolotski. De la beauté des visages humains
tableau de Fiodor Sytchkov, « Les Deux Tisserandes »