La légende de Fath Ali Chah et la troisième édition de l'Encyclopædia Britannica
On raconte que le chah d'Iran Fath Ali (1772-1834), ayant reçu en 1797 l'édition en 18 volumes de l'Encyclopædia Britannica, la lut de la première à la dernière page et ajouta à son titre royal les mots « Le plus redoutable des seigneurs et Maître de l'Encyclopédie britannique ». Difficile de dire s'il faut croire cette anecdote, d'autant qu'il s'agit de Fath Ali Chah, à qui certains prêtent, par exemple, 1000 épouses. Les questions abondent. En quelle langue lisait-il la Britannica, et combien de temps cela a-t-il pu lui prendre ? D'autant que ce fait ne se retrouve que dans une seule source, et que la citation est due à un auteur britannique, Colman Barks, et ne provient pas, par exemple, d'un ouvrage sur l'histoire de l'Iran. Il reste qu'entre 1788 et 1797 parut bel et bien la troisième édition de la Britannica, en 18 volumes, et qu'une telle rumeur témoigne à tout le moins de la réputation de l'encyclopédie, qui se voulait la somme de tous les savoirs, de toutes les pensées et de toutes les réalisations de l'humanité. Quoi qu'il en soit, on a envie de souhaiter à chacun de lire cette année au moins un livre savant, et que la lecture soit tout aussi prestigieuse
