Mélodies populaires russes dans « Le Barbier de Séville » de Rossini, opéra de 1816
Ah, à quoi bon clôturer un potager ?
Ah, à quoi bon y planter des choux ?
C'est sur les paroles de cette chanson populaire que les troupes russes donnèrent l'assaut au faubourg de Varsovie en 1794, sous le commandement de Souvorov. On prétend également que c'est en la chantant que les Russes franchirent les Alpes.
Et en 1816, l'air de cette chanson se retrouva inséré dans l'un des opéras les plus fameux du monde, « Le Barbier de Séville » du compositeur italien Gioachino Rossini.
Lorsque le compositeur Varlamov entendit l'opéra, il reconnut aussitôt le motif russe et traita Rossini de filou : « C'est chez nous qu'il l'a volé, mais il l'a bien accommodé, en maître, à la polonaise. »
Rossini écrivit « Le Barbier » à toute allure, en quinze ou vingt jours ; dans son célèbre opéra bouffe, il inséra plusieurs trouvailles tirées de ses œuvres antérieures, parmi lesquelles la mélodie russe « Ah, à quoi bon clôturer un potager ? », qu'il avait déjà employée dans la cantate « Aurora », dédiée à la veuve de Koutouzov, Ekaterina Ilinitchna, où le thème retentit dans la scène de l'apparition d'Aurore.
Mais le « potager » n'est pas le seul air populaire russe emprunté par Rossini. Si l'on prête l'oreille à la partie de la gouvernante Berta, on y distingue la chanson à danser russe « Va-t'en, ma petite vache, rentrer à la maison ».