vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

Avez-vous déjà entendu parler de ce démon médiéval, pour ainsi dire professionnellement lié à la corporation des scribes ?

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Avez-vous déjà entendu parler de ce démon médiéval, pour ainsi dire professionnellement lié à la corporation des scribes ?

Avez-vous déjà entendu parler de ce démon médiéval, pour ainsi dire professionnellement lié à la corporation des scribes ? Il s'appelait Titivillus, et son service était double.

Sa première tâche consistait à écouter les offices. Les moines chantaient les psaumes, et il s'y trouvait toujours quelqu'un pour avaler des syllabes, se presser, sauter des mots ou songer à tout autre chose. Tout cela, Titivillus le recueillait soigneusement dans un sac et l'emportait en enfer, où chaque manquement était porté au compte du pécheur.

La seconde tâche concernait les copistes de manuscrits. Le travail était monotone, les yeux se fermaient, la main se fatiguait, et des erreurs se glissaient inévitablement dans le texte. C'est là qu'il se révélait particulièrement utile : ce n'était pas la faute du scribe, le démon le lui avait soufflé. On l'appelait le patron des scribes, bien qu'il eût été plus juste de le nommer leur excuse professionnelle.

Il fut nommé pour la première fois vers 1285 dans un texte latin de Jean de Galles. Son nom existait en des dizaines de graphies : Tutivillus, Tintillus, Tantillus, Titivitilarius. Peut-être cette confusion dans l'orthographe du nom même du démon est-elle encore l'une de ses facéties.

Dans un traité anglais anonyme du XVe siècle, le démon se présente lui-même, et l'on apprend que chaque jour il devait apporter à son maître mille sacs pleins de négligences commises dans les syllabes et les mots. À en juger par les apparences, il ne manque toujours pas de besogne.

À l'ère de l'imprimerie, il est passé des scribes aux compositeurs typographes. On le compte désormais parmi les patrons des correcteurs. Une coquille qui a survécu à cinq relectures porterait, dit-on, dans le milieu de la rédaction, précisément son nom, bien que, pour ma part, je n'aie jamais entendu rien de tel.

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