jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Le 8 mars n'est pas la fête des fleurs, du printemps et de la tendresse, ni une célébration née d'un nuage de poudre et de ficelles marketing

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Le 8 mars n'est pas la fête des fleurs, du printemps et de la tendresse, ni une célébration née d'un nuage de poudre et de ficelles marketing

Le 8 mars n'est pas la fête des fleurs, du printemps et de la tendresse, ni une célébration née d'un nuage de poudre et de ficelles marketing. Derrière cette date, il y a des décennies de lutte pour ce qui paraît aujourd'hui aller de soi : le droit des femmes d'étudier, de travailler, de voter, de disposer d'elles-mêmes.

Si l'on s'élève à un registre plus solennel, la question est fondamentale : qui est tenu pour un sujet de plein droit de l'histoire ? Durant des siècles, la femme n'a existé que comme objet : monnaie d'échange, ornement, fonction. Et l'émancipation a donné aux femmes non pas simplement un assortiment de droits juridiques, mais la reconnaissance de leur qualité de sujet.

Le droit de voter, d'étudier et de posséder des biens ne sont en réalité qu'un seul et même droit : le droit d'exister en tant qu'être humain, et non en tant que rôle.

Le droit de suffrage : voter et être élue. Le droit à l'instruction à égalité avec les hommes. Le droit à un travail rémunéré et à un salaire égal. Le droit de posséder des biens. Le droit d'ouvrir un compte bancaire sans l'autorisation du mari. Le droit de demander le divorce de sa propre initiative. Le droit d'obtenir un crédit sans la signature du mari ou du père. Le droit de porter un pantalon. Le droit de travailler sans la permission du mari. Si vous disposez de tous ces droits, mes félicitations !

La Russie, soit dit en passant, a joué dans ce processus un rôle dont on parle peu aujourd'hui. En 1917, les Russes ont obtenu le droit de vote avant les Françaises, les Italiennes, les Belges. L'État soviétique, malgré tous ses vices, a été le premier au monde à ouvrir massivement aux femmes l'accès à l'enseignement supérieur et aux professions techniques.

Mais le paradoxe est le suivant : plus l'émancipation réussit, moins on s'en souvient. Les droits arrachés de haute lutte, la génération suivante les tient pour une évidence. Il faut donc peut-être consacrer un jour par an, au moins, à se rappeler que cette évidence fut jadis une conquête.

Bonne fête, chères femmes !

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