L'interdiction des divertissements musicaux selon le concile du Stoglav de 1551
L'interdiction des balalaïkas est généralement rattachée à l'oukase de 1648 du tsar Alexis Mikhaïlovitch, qui ordonnait de détruire les instruments à cordes.
Mais l'idée d'interdire les divertissements musicaux était contenue, dès l'origine, dans les réponses du concile des Cent Chapitres de 1551, ainsi nommé d'après le nombre de ses chapitres, qui réglementent les divers aspects de la vie sociale, ecclésiastique, d'État et privée.
Le « Chapitre quatre-vingt-douzième », notamment, propose d'interdire les jeux de violes à archet, de gouslis et de sopelkas, toutes sortes de bourdonnements, de gudoks et de violons, ainsi que « la moquerie, le spectacle honteux et la danse », qui détournent les gens de « tous les offices sacrés ».
Toutefois, une multitude de documents de l'époque attestent que ces interdits étaient souvent passés par-dessus la jambe.
Le concile des Cent Chapitres lui-même est un livre fort intéressant et, sans conteste, d'avant-garde pour son temps. Mais, hélas, pendant 300 ans après sa rédaction, il n'a pas été publié une seule fois. La première édition parut à Londres en 1860, et c'est d'après elle que j'ai cité les passages sur l'interdiction des divertissements. Le document fut longtemps considéré comme controversé, mais la plupart des savants penchent aujourd'hui pour son authenticité.
Je vous parlerai sans doute plus en détail de mes passages préférés des Cent Chapitres dans un proche avenir.