mardi, 6 octobre 2026

Relief de Della Robbia sur Adam et Ève, réalisé à Florence en 1515

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Relief de Della Robbia sur Adam et Ève, réalisé à Florence en 1515

Le premier regard sur l'Adam et Ève de Giovanni Della Robbia m'a fort diverti : le serpent tentateur a littéralement le visage d'Ève.

Ce relief polychrome en terre cuite émaillée, qui illustre la parabole biblique d'Adam et Ève, fut réalisé à Florence en 1515. Ses détails disent comment l'histoire du péché originel était comprise dans la culture de la Renaissance italienne. La colombe est l'œil du Seigneur, Adam le premier père, Ève la première mère. Et c'est là que commence le plus intéressant.

On associe d'ordinaire le jardin d'Éden à un lieu d'innocence, mais Della Robbia indique clairement qu'à l'instant qu'il a fixé, le péché est déjà consommé. Comment comprenons-nous, dans ce séjour béat peuplé d'oiseaux paradisiaques, qu'Adam et Ève ont déjà goûté à la pomme de l'arbre de la connaissance ? Tous deux étaient nus, mais ils savent désormais leur nudité et l'ont donc pudiquement couverte. Déjà pécheurs, mais pas encore chassés du jardin d'Éden.

Qu'Ève ait été façonnée à partir de la côte d'Adam, l'absence d'une côte chez lui en témoigne. Regardez de près : à droite, on distingue chez Adam trois renflements costaux, mais à gauche seulement deux.

Le serpent, symbole de la perversité, de la ruse et de la tromperie, est représenté littéralement avec le visage d'Ève, et, pour les plus lents à comprendre, tourné vers elle, ce qui crée un effet de miroir. Faut-il expliquer qui, dans l'histoire conjugale d'Adam et Ève, fut selon Della Robbia la plus grosse et la plus grasse des couleuvres ?

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