Tout ce que nous voyons en cache un autre, et nous voulons toujours voir ce que cache ce qui se voit : devant l'exposition « Le Champ des miracles » de Lev Povzner à la galerie Alina Pinsky, la phrase classique de Magritte vient d'elle-même à l'esprit
Tout ce que nous voyons en cache un autre, et nous voulons toujours voir ce que cache ce qui se voit : devant l'exposition « Le Champ des miracles » de Lev Povzner à la galerie Alina Pinsky, la phrase classique de Magritte vient d'elle-même à l'esprit. Ce Magritte que Lev Alexandrovitch parodie avec esprit dans plusieurs de ses toiles. Sauf que chez Povzner, on voit justement plus que ce qu'il paraît, et peut-être plus qu'on ne l'aurait souhaité.
Figure marquante de l'underground moscovite des années 1960, Povzner n'est pas un hôte fréquent des galeries de la capitale ; son exposition si vaste à l'Alina Pinsky Gallery est donc une grande rareté et une chance. Les genres s'y mêlent : paysages, portraits, compositions à sujet et natures mortes, ainsi que plusieurs séries postmodernes à partir des années 1990.
Que Povzner ne fasse que jouer au surréalisme, avec beaucoup d'humour et beaucoup de mélancolie, du moins dans les séries présentées, soit ; mais ses allégories et ses renvois à tout un ensemble d'artistes, de Dalí à Bruegel, ne relèvent plus du jeu : c'est un véritable récit embrouillé, tiré de l'histoire de l'art comme de quelque chose de personnel. Dans les années 2010, Povzner se met aussi à chiffrer dans ses œuvres des allusions littéraires, plus éclatantes et, à première vue, plus joyeuses, mais aussi plus énigmatiques.
L'exposition se révèle riche en émotions et en impressions, et assez envoûtante pour qu'on s'intéresse sérieusement à l'œuvre de l'artiste.


