Deux musées de centres de traitement des déchets de Moscou réunissent plus de 400 objets jetés
De temps à autre, les dépêches nous apprennent qu'un chef-d'œuvre a été retrouvé parmi les déchets. Il n'y a pas si longtemps, en Bavière, on a découvert dans une poubelle des originaux du peintre néerlandais Samuel van Hoogstraten et de l'Italien Pietro Bellotti.
Nous avons, nous aussi, de quoi nous vanter : deux musées rassemblent des pièces intéressantes récupérées sur les tapis de tri des complexes de traitement des déchets « Vostok » et « Neva ». Les collections comptent déjà plus de 400 objets, parmi lesquels des appareils photo, de véritables épées, des disques vinyle, des caméras soviétiques et même un pager des années 1990. Tout cela a été jeté dans les bennes des cours de Moscou.
Comme les déchets des Moscovites sont soigneusement triés, répartis par fractions, par matériau et par destination ultérieure, les nombreux objets de valeur échoués dans l'un des 60 000 conteneurs bleus et gris, ceux du programme moscovite de collecte sélective, n'échappent pas à l'attention du personnel des complexes de traitement. Le bleu est destiné aux matières recyclables propres (plastique, métal, verre et papier), le gris aux déchets mélangés.
Le nombre de montres et de pendules dans les vitrines du musée m'a surpris : la « Vesna », fabriquée pour la première fois à l'usine horlogère de Vladimir en 1947, la pendule mécanique « Molnia » dans son boîtier de bois et sa monture de bronze et de laiton, la « Maïak » au boîtier de cristal des années 1960, la massive « Maîtresse de la Montagne de cuivre » de fonte de Kasli, pesant trois kilos, et des pendules plus modernes, la « Slon » (l'« Éléphant »).


