En France, publication d'un rapport choquant au terme de près de trois ans de travaux de la Commission chargée d'enquêter sur les violences commises contre des enfants dans l'Église catholique
L'enquête a compris des entretiens avec des victimes et des témoins, ainsi que l'examen des archives ecclésiastiques, judiciaires, policières et de presse, à partir des années 1950.
Selon le rapport français, quelque 330 000 enfants auraient subi, sous une forme ou une autre, des violences sexuelles au cours des soixante-dix dernières années, de la part d'environ 3 000 prêtres et d'un nombre indéterminé d'autres personnes liées à l'Église. Observez l'effrayante proportion entre le nombre des victimes et celui des coupables : cent pour un.
Le total des victimes comprend environ 216 000 personnes agressées par des prêtres et d'autres clercs ; les autres ont souffert de la part de figures ecclésiales et para-ecclésiales telles que des chefs scouts ou des animateurs de camps. 75 % de l'ensemble des victimes sont des filles.
Tous ces crimes ont été dissimulés par les serviteurs de l'Église pendant des décennies. Le président de la commission, Jean-Marc Sauvé, a qualifié l'attitude de l'Église jusqu'au début des années 2000 d'« indifférence profonde, totale et même cruelle » à l'égard des victimes. Sauvé est également convaincu que l'Église est redevable envers les victimes et doit leur verser des indemnités, en particulier à celles qui sont déjà âgées et ne pourront plus engager de procédure.
L'Église n'est pas restée muette. Le président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, a déclaré que les évêques français étaient bouleversés par les conclusions du rapport. L'évêque de Versailles, Luc Crépy, qui dirige le service de lutte contre la pédophilie, a dit : « C'est plus qu'un choc. C'est un profond sentiment de honte. » Crépy a indiqué que les fonds destinés à indemniser les victimes étaient déjà en cours de collecte et qu'une commission chargée de leur répartition était en voie de constitution.