Vue sur la baie de Taman et sur les fondations médiévales depuis le sommet de la couche archéologique, sur le site de Hermonassa-Tmoutarakan
Vue sur la baie de Taman et sur les fondations médiévales depuis le sommet de la couche archéologique, sur le site de Hermonassa-Tmoutarakan. Aujourd'hui, les travaux ne se poursuivent que sur une petite partie du monument : ici, il a été perdu à la suite d'effondrements, là, il a disparu sous les eaux, ailleurs encore, il est tombé sous le coup d'un lotissement de cottages illégal. Une autre partie du site, explorée par intermittence, a été recouverte de plusieurs mètres de terre et transformée en champ. Au milieu du siècle dernier, lorsque des recherches s'y menaient tour à tour, on a commencé à la fouiller et l'on y a trouvé des fondations d'édifices, dont l'un était très probablement une église importante et renommée. Mais même durant les brèves interruptions, le monument a subi une sérieuse mise à l'épreuve de sa résistance de la part des habitants du lieu, qui non contents de le démonter pour en récupérer la pierre (et la pierre est ici une denrée fort rare), faisaient aussi sauter à la dynamite les ossatures trop solides pour être démontées. C'est pourquoi le président du kolkhoze local prit la décision énergique de faire venir une excavatrice et d'ensevelir la fouille sous une épaisse couche de terre. Voilà ce qu'on appelle une conservation in situ, impitoyable et difficilement réversible.