Le terme d'onanisme au XVIIIe siècle et son lien erroné avec l'Onan biblique
Au XVIIIe siècle parurent plusieurs best-sellers consacrés à la masturbation qui, cela va de soi, la condamnaient et la décrivaient comme une pratique non seulement pécheresse, mais extrêmement nocive. Il existait bien des ouvrages pour réfuter cette erreur, mais, comme souvent, ils ne connurent pas une popularité suffisante pour détruire le mythe.
C'est également au XVIIIe siècle que nous devons l'apparition du terme « onanisme », d'emblée erroné. Le mot est formé sur le nom d'un personnage de l'Ancien Testament, Onan, que le Seigneur fit mourir pour avoir refusé de féconder la veuve de son frère aîné. Il s'unissait bien à sa belle-sœur devenue veuve, comme l'exigeait la loi, mais répandait sa semence sur le sol afin qu'elle ne donne pas naissance à un héritier qui serait tenu pour le fils de son frère aîné.
Les anciens Hébreux croyaient d'ailleurs, de manière générale, que l'éjaculation sur le sol engendrait des démons (mais c'est un tout autre sujet). Quant à Onan, en violant la tradition du mariage lévirat prescrite par Dieu, il commit une faute fatale, qui devait avec le temps en engendrer une autre.
Autrement dit, formellement, l'onanisme est un coït interrompu, et non la masturbation, mais les puritains ne s'embarrassent pas de remonter aux sources : l'essentiel, pour eux, est que la semence ne soit pas répandue.