Henri V, l'accord avec les rebelles gallois, l'exécution d'Oldcastle et le siège de Rouen
Chez Shakespeare, Henri V apparaît en Harry le belliqueux ; les historiens, eux, le décrivent comme enclin à l'agression, à la perfidie et à la duplicité.
Là où le nouveau roi est parvenu à tempérer la férocité paternelle, c'est dans le règlement de la question des insurgés gallois, qui s'étaient dressés contre l'usurpateur Henri IV, lequel avait dérobé la couronne à son cousin Richard II. Il est vrai que l'accord à l'amiable conclu avec les rebelles du pays de Galles fut amplement compensé par la répression sanglante des troubles lollards menés par John Oldcastle, que l'on se contenta d'empaler. C'est d'ailleurs Oldcastle qui servit de prototype au joyeux barbu, compagnon du jeune Harry, le Falstaff de Shakespeare, lequel paraît aussi, par exemple, dans le film de Joel Edgerton.
Durant le siège de Rouen, qui dura six mois et que le film ne met pas en scène, Henri V laissa mourir de faim trente-cinq mille citadins. Et lorsque, selon l'usage de la guerre, on eut permis en hiver de chasser de la ville les bouches inutiles et les impotents, Henri barra la route aux enfants, aux femmes enceintes, aux infirmes et aux vieillards, et les abandonna à mourir de froid dans les fossés de la forteresse.