On m'a interrogé, dans un entretien, sur mon rapport au dress code
On m'a interrogé, dans un entretien, sur mon rapport au dress code. Il est, somme toute, des plus simples : quels que soient les caprices des organisateurs, je porte simplement ce que je juge convenable et ce dont je dispose sur le moment. Vous souvenez-vous de la tenue d'Anna Wintour au dernier Met Gala ? Un look des plus ordinaires, comme si elle s'en allait simplement à l'opéra, et qui ne s'est nullement effondré sous les flashs des appareils photo.
Règne aujourd'hui, en effet, cette idée, purement imposée par les marketeurs, cela va sans dire, selon laquelle chaque nouvelle apparition publique exige impérativement une tenue nouvelle. Ce qui, à l'évidence, ne contribue en rien à la qualité des toilettes : les gens courent après le renouvellement de l'image, sans parler du fait qu'un costume convenable peut demander jusqu'à six mois dans tel ou tel atelier, et que, naturellement, si l'on préfère au sur-mesure, unique et coûteux, une multitude de costumes de prêt-à-porter (ready to wear), on risque de se retrouver avec une garde-robe entière aux ourlets négligés et à la coupe imparfaite, par exemple.
Je suis tombé, à ce propos, sur la chronique d'un expert californien de la mode masculine, qui explique ce qu'est une veste parfaitement coupée en prenant pour exemples des dirigeants d'États du monde entier, lesquels ne s'habillent pas toujours, à vrai dire, de façon irréprochable. Il s'avère que le roi d'Espagne Philippe VI peut servir de modèle du style masculin classique, surpassant en cela jusqu'à Daniel Craig.
Mais le plus intéressant n'est pas que le roi d'Espagne possède une foule de costumes impeccables et veille à bien paraître, sans céder à la pression de se montrer en tenue inédite à chaque sortie : c'est que, durant la plus grande partie de sa vie, il s'en est tenu non seulement à un seul style, mais à des pièces sorties des mains d'un seul et même homme.
La famille royale d'Espagne a eu recours pendant des décennies aux services d'un même tailleur, Jaime Gallo, jusqu'à sa mort en 2015. Cet homme habillait Philippe depuis l'âge de onze ans.




