vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

À New York, vive indignation des gens de conscience face à la cruauté envers les chevaux, pourtant partie essentielle de l'industrie touristique et du divertissement de la ville

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À New York, vive indignation des gens de conscience face à la cruauté envers les chevaux, pourtant partie essentielle de l'industrie touristique et du divertissement de la ville

Je suis d'ailleurs convaincu que le problème est commun à toutes les grandes villes où le travail des chevaux est exploité pour l'agrément du public : les pauvres bêtes triment du matin au soir, n'ont aucune possibilité de se reposer, mangent mal et, ô Seigneur, restent souvent privées même de la quantité d'eau nécessaire à la vie.

On dit depuis longtemps que propriétaires et cochers sous-alimentent exprès leurs chevaux afin qu'ils laissent moins de crottin dans la ville, mais les tourments, semble-t-il, ne se limitent pas à la nourriture : on découvre à présent qu'on ne leur donne pas non plus d'eau. On tient, allez savoir pourquoi, pour une norme que l'animal doive travailler par tous les temps : sous la canicule, dans le froid, dans le vent. C'est l'homme qui s'est inventé la journée de travail et le droit du travail ; la bête, elle, n'a aucun droit : avance et tire, sous peine d'être rouée de coups. Il n'existe pas dans la nature de phénomène par lequel un cheval labourerait toute la journée, puis rentrerait du travail le soir pour se reposer. Dans la nature, la vie de l'animal, même d'un animal aussi robuste, est organisée tout autrement.

Comment est-il possible que des bêtes surmenées, à qui l'on ne laisse aucun répit, s'effondrent mortes dans les rues d'une métropole ? La vidéo choquante d'hier, où un cocher new-yorkais frappe son cheval jusqu'à ce qu'il tombe tout simplement sur le flanc, je ne la partagerai pas. Mais enfin, alors que les gens d'aujourd'hui sont si attentifs, offensés par tout et par tous, et organisent des campagnes mondiales de réprobation publique, pourquoi cet usage honteux et inhumain des animaux, sous les yeux de millions de passants, continue-t-il encore d'exister en toute impunité ?

Je me suis souvenu de Maïakovski :

— Un cheval est tombé ! —
— Le cheval est tombé ! —
Kouznetski riait.
Moi seul
je n'ai pas mêlé ma voix à son hurlement.
Je me suis approché
et j'ai vu
les yeux du cheval...
La rue s'est renversée,
elle coule à sa manière...
Je me suis approché et j'ai vu :
goutte énorme après goutte énorme
roule le long du museau,
se cache dans le poil...
Et une sorte de langueur commune,
animale,
a jailli de moi en éclaboussant
et s'est répandue en un bruissement.
« Cheval, il ne faut pas.
Cheval, écoutez,
pourquoi croyez-vous valoir mieux qu'eux ?
Petite,
nous sommes tous un peu des chevaux,
chacun de nous est cheval à sa manière. »

Traduction littérale

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