Au musée Akhmatova de la Maison de la Fontanka, il existe des recueils de poèmes aux pages collées
Au musée Akhmatova de la Maison de la Fontanka, il existe des recueils de poèmes aux pages collées. On rapporte que ces pages ont été collées de la propre main d'Akhmatova. Que cachent-elles ? Les poèmes d'Akhmatova sur Staline. On considère qu'Anna Andreïevna s'était vue contrainte de les écrire pour aider son fils. Voici ces poèmes :
21 décembre 1949
Que le monde garde à jamais le souvenir de ce jour,
Que cette heure soit léguée à l'éternité.
La légende parle d'un homme sage
Qui a sauvé chacun de nous d'une mort terrible.
Le pays tout entier exulte dans les rayons de l'aurore d'ambre,
Et la joie la plus pure ne connaît plus d'obstacle, -
Et l'antique Samarcande, et Mourmansk par-delà le cercle polaire,
Et Leningrad, deux fois sauvée par Staline
Au jour de l'anniversaire du maître et de l'ami
Chantent le chant d'une claire reconnaissance, -
Qu'autour de nous la tempête se déchaîne
Ou que fleurissent les violettes de montagne.
Et aux villes de l'Union soviétique font écho
Les villes de toutes les républiques amies
Et ces travailleurs que des liens étranglent,
Mais dont la parole est libre et l'âme fière.
Et librement leurs pensées s'envolent vers la capitale de la gloire,
Vers le haut Kremlin, combattant de la lumière éternelle,
D'où, à minuit, un hymne majestueux s'élève
Et résonne sur le monde entier comme une aide et un salut.
21.12.1949
Traduction littérale
Volga - Don
Dans le hurlement menaçant des ouragans de la steppe,
Fendant le sein de la terre,
Le long des antiques kourganes scythes
La Volga trace sa route vers le Don.
Si le ciel est drapé de brouillard,
Le rayon du projecteur est clair et droit,
L'excavatrice, géant vivant,
Parcourt à grands pas les steppes sans bornes.
Ce qui fut le rêve de Pierre
Est devenu réalité en notre siècle sage.
Ici l'homme triplera ses efforts
Pour atteindre tout ce qu'il veut.
Et plus solide que l'acier d'Ijevsk
(C'est-à-dire plus solide que tout)
Est la parole que Staline nous a dite, -
Notre gloire et notre triomphe.
02.1951
Traduction littérale
***
Et le Chef, de ses yeux d'aigle,
A vu du haut du Kremlin
Comme la terre transfigurée
Est richement inondée de rayons.
Et depuis le milieu même du siècle
Auquel il a donné son nom,
Il voit le cœur de l'homme
Devenu limpide comme le cristal.
De ses travaux, de ses actes
Il voit les fruits mûrs,
Les masses de majestueux édifices,
Les ponts, les usines et les jardins.
Il a insufflé son esprit à cette ville,
Il a détourné de nous le malheur, -
Voilà pourquoi est si ferme et si jeune
L'esprit invincible de Moscou.
Et du peuple reconnaissant
Le Chef entend la voix :
« Nous sommes venus
Dire que là où est Staline, là est la liberté,
La paix et la grandeur de la terre ! »
12.1949
Traduction littérale
Un peu plus tard, vers 1962, parut aussi ce poème :
Aux défenseurs de Staline
Ce sont ceux-là qui criaient : « Relâche-nous
Barabbas pour la fête », ceux-là
Qui ordonnèrent à Socrate de boire le poison
Dans l'étroitesse sourde de la prison.
Il faudrait leur verser ce même breuvage
Dans leur bouche innocemment calomnieuse,
À ces aimables amateurs de tortures,
Experts en production d'orphelins.
Traduction littérale