dimanche, 4 octobre 2026

Les représentations d'Arius dans l'art chrétien et les légendes de sa mort

Partager
Les représentations d'Arius dans l'art chrétien et les légendes de sa mort

Dans l'iconographie chrétienne, tant orientale qu'occidentale, le motif de l'évêque aux entrailles répandues n'a rien de rare. On le trouve, par exemple, dans une miniature de la Bible de l'Arsenal, dans un fragment de l'icône russe du XVIIe siècle « Le Symbole de la foi » et dans une fresque de l'église de la Résurrection à Toutaïev. C'est ainsi que l'on figure d'ordinaire Arius (250-336), dit l'hérésiarque, le fondateur de l'arianisme ou hérésie arienne, proscrite par le premier concile œcuménique de Nicée.

L'arianisme tient en ceci que le Fils n'est pas égal au Père, ne lui est pas coéternel et ne fait pas un avec lui par la substance, mais n'est rien d'autre qu'une créature. En son temps, l'adhésion à l'arianisme aurait pu changer du tout au tout l'histoire de l'Église. Il faut dire qu'Arius et ses idées jouirent d'une extraordinaire popularité de son vivant et demeurèrent, après sa mort, assez influents dans la plus grande partie du monde chrétien.

La haine que ses adversaires nourrissaient à l'endroit du presbytre libyen de l'Église d'Alexandrie fut telle que, lorsqu'il mourut à plus de 80 ans, son trépas se couvrit de légendes aux détails physiologiques fort déplaisants. Le plus innocent, dans la façon dont l'art ecclésiastique représente Arius, c'est de le montrer gisant aux pieds de l'empereur Constantin et des évêques au concile de Nicée ; le plus souvent, toutefois, ses images fixent ce qui n'est au fond que commérage sur sa fin, survenue tandis qu'il s'acquittait d'un besoin naturel, ses organes internes, foie et rate compris, lui étant alors tombés du corps.

Signaler une erreur de traduction