vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

Dans le salon de l'antiquaire Michel Meyer trônait un microscope, objet curieux, même si beaucoup diraient que c'est n'importe quoi, ni le plus décoratif ni le plus utile des éléments du mobilier

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Dans le salon de l'antiquaire Michel Meyer trônait un microscope, objet curieux, même si beaucoup diraient que c'est n'importe quoi, ni le plus décoratif ni le plus utile des éléments du mobilier

Dans le salon de l'antiquaire Michel Meyer trônait un microscope, objet curieux, même si beaucoup diraient que c'est n'importe quoi, ni le plus décoratif ni le plus utile des éléments du mobilier. À la rigueur, pour caler des livres ou presser une choucroute maison ? Or ce microscope date du règne de Louis XV, de 1750 environ, et fut réalisé sous la direction du célèbre astronome, physicien et président de l'Académie des sciences, le duc de Chaulnes, Michel Ferdinand d'Albert d'Ailly. Du moins le manuel scolaire d'optique devrait-il le mentionner : le nouveau modèle de microscope du duc de Chaulnes fut le plus célèbre microscope du XVIIIe siècle. Chaulnes en fit fabriquer un identique pour Louis XV, et Mme de Pompadour possédait exactement le même. Pourquoi ? À cette époque, pour les aristocrates les plus raffinés, les instruments scientifiques, surtout aussi spectaculaires, étaient ce qu'est aujourd'hui une nouvelle Tesla : on courait après les nouveautés de la science et de la technique, puis on s'installait dans les boudoirs pour contempler des ongles grossis quatre mille fois et s'effrayer mutuellement à la vue des tardigrades, lesquels ne furent toutefois découverts qu'en 1773.

En 2008, cette babiole s'est vendue neuf cent mille euros

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