samedi, 3 octobre 2026

Rétrospective Mark Rothko à la Fondation Louis Vuitton à Paris, impressions sur l’exposition

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Rétrospective Mark Rothko à la Fondation Louis Vuitton à Paris, impressions sur l’exposition

La grande rétrospective Mark Rothko (1903-1970) s'est achevée à la Fondation Louis Vuitton, à Paris : la plus importante jamais consacrée à l'artiste. Depuis octobre, elle attirait invariablement des files d'attente impressionnantes.

On dit que la scénographie de l'exposition respecte les indications de l'artiste, mais peut-on atteindre l'expérience sensible attendue au milieu d'une foule de plusieurs centaines de personnes ?

De fortes émotions ont saisi le visiteur dès la première salle, consacrée aux débuts figuratifs de Rothko, puis dans les suivantes, dédiées aux compositions surréalistes. La révélation, ce furent ses premières œuvres figuratives et ses portraits, et plus encore son unique autoportrait de 1930. Cela dit, les abstractions et les rectangles de couleur exercent eux aussi leur empire. Nous avons pu observer, presque littéralement, Rothko cesser d'être un coloriste (ce que lui-même récusait) pour devenir un peintre de la lumière, à mesure que sa palette s'assombrissait.

En avançant, on voit croître chez Rothko l'attrait pour l'abstraction et la spiritualité, et l'on prend connaissance de ses réflexions sur la place de l'homme à travers son travail sur les mythes antiques.

Je dois dire que je suis très reconnaissant d'avoir pu voir tant de Rothko en vrai, environ 115 œuvres tout de même, mais je reste quelque peu déçu.

Chose étrange, le nombre de tableaux m'a semblé excessif : à la fin, le visiteur parcourait d'un pas rapide les galeries des étages supérieurs. Les salles, qui convenaient parfaitement à Simon Hantaï et à Joan Mitchell, ont rendu Rothko silencieux et monotone.

Les tableaux étaient éclairés de façon peu heureuse, avec un halo légèrement jaunâtre et une lumière dirigée vers les murs plutôt que vers les toiles. Plusieurs salles de toiles noires et sombres se sont trouvées presque entièrement plongées dans les ténèbres.

D'après l'expérience de quelques expositions à la Fondation, j'ai l'impression que ce vaste espace contemporain n'est pas utilisé comme il le faudrait. Je pense aussi aux files très denses qui se morfondent sous l'infatigable soleil parisien : ce bâtiment neuf a pourtant été conçu pour des projets d'envergure, très courus, alors pourquoi ne pas avoir ajouté une voile de plus devant l'entrée, pour que les gens puissent s'abriter à l'ombre en attendant de pouvoir visiter ce temple de l'art ?

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