Dans le journal de Michel de Montaigne, en février 1581, il est question d'un ambassadeur moscovite à Rome, vêtu d'un manteau écarlate, d'une soutane de brocart d'or, d'un bonnet en forme de bonnet de nuit en brocart d'or bordé de fourrure et d'une calott
Dans le journal de Michel de Montaigne, en février 1581, il est question d'un ambassadeur moscovite à Rome, vêtu d'un manteau écarlate, d'une soutane de brocart d'or, d'un bonnet en forme de bonnet de nuit en brocart d'or bordé de fourrure et d'une calotte de toile argentée, venu solliciter le pape Grégoire afin qu'il l'aide à mettre fin à la guerre avec la Pologne. Il logeait dans un appartement loué et se nourrissait aux frais du pape. Il se présenta à la cour sans interprètes, alors que lui-même ne parlait aucune langue. Lorsqu'on l'invita au château Saint-Ange, à la fête de l'ambassadeur d'Espagne, où l'on promettait une grande affluence, il s'étonna seulement et déclara avec ironie que, chez lui, un détachement de cavalerie, par exemple, se comptait par 25 ou 30 000 chevaux. Mais ce que j'ai préféré, c'est la souplesse diplomatique de notre compatriote. Lorsqu'on le conduisit à l'audience du pape, il affirma qu'il ne baiserait en aucun cas les pieds du pontife et qu'il consentirait seulement à poser les lèvres sur sa main droite ; et quand on lui représenta que des empereurs et des rois avaient baisé les pieds du pape, il ne céda pas. Cet ambassadeur était Leonty Chevriguine, surnommé Istoma, que l'on appelait aussi Tommaso Severigeno. Retenez le nom de ce digne Russe.