jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Aux heures de minuit chagrin, le battement de mon cœur s'entend plus nettement, et plus proche est le compagnon aux ailes claires, mon ami affligé et doux

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Aux heures de minuit chagrin, le battement de mon cœur s'entend plus nettement, et plus proche est le compagnon aux ailes claires, mon ami affligé et doux

Il approche, mais bientôt
je m'oublie, et dans mon sommeil
je vois la tempête, je vois la mer
et des vierges qui rient au fond des eaux.

Il connaît les abîmes de l'incrédulité
terrestre et obscure, et il s'attriste,
et il laisse tomber des plumes claires,
et timidement regarde dans mon âme.

Et, baissant les ailes, il fait souffler
le charme du silence,
et il respire doucement, dissipant
mes songes blasphématoires...

Et moi, éveillé, je hais
ma vie funeste,
je vois l'ombre qui s'éloigne en volant
et je vois l'aurore derrière la fenêtre.

Et les rayons du jour tombent...
Par eux toute la chambre est lumineuse :
ce sont, après tout, des plumes d'or
de son aile invisible.

Traduction littérale

Vladimir Nabokov, « L'Ange gardien »

Icône de la collection du Musée russe : l'Ange gardien, sainte Anastasie d'Alexandrie et sainte impératrice Alexandra, Romanov-Borissoglebsk, premier quart du XIXe siècle

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