dimanche, 4 octobre 2026

Les lois athéniennes sur la tyrannie et l'ostracisme et leur différence d'application

Partager

À Athènes, il existait une loi assez cruelle contre la tyrannie : l'homme qui tentait de s'emparer du pouvoir personnel était frappé d'atimie, lui et toute sa lignée. Or l'atimie, dans son acception archaïque, c'est la privation de la protection de l'État, la mise « hors la loi », autrement dit, le feu vert donné à la justice expéditive. Son acception classique est une version plus clémente : la simple privation des droits civiques, le plus souvent partielle et temporaire.

La loi contre la tyrannie était en vigueur à Athènes depuis le VIIe siècle avant notre ère ; on la rattache à la révolte de Cylon. Son défaut majeur tenait toutefois à ce qu'elle ne s'appliquait qu'a posteriori, c'est-à-dire une fois la tentative de prise du pouvoir menée à terme, puis réprimée. La loi exigeait qu'on attende que l'homme ait ourdi une sédition et l'ait déclenchée. Et que faire si la tentative avait réussi ? Alors la loi demeurerait lettre morte, sans la moindre incidence sur l'état réel des choses.

C'est pourquoi la loi sur la tyrannie est parfois identifiée, ou confondue, avec une autre loi : celle de l'ostracisme. Laquelle permettait précisément d'écarter le péril de la tyrannie avant qu'elle ne se réalise. Dans l'idéal, la loi sur l'ostracisme créait des conditions telles que la tyrannie ne pouvait voir le jour. En bref, son principe était le suivant : l'homme qui commençait à s'élever trop haut était tout simplement banni. Dans l'une des versions, il fallait pour cela 6000 voix. Cette loi est sortie d'usage à la fin du Ve siècle avant notre ère. La loi contre la tyrannie, en revanche, est demeurée longtemps après, sans doute parce qu'elle était moins aisée à formuler avec précision.

Signaler une erreur de traduction