vendredi, 2 octobre 2026

Dans le n° 9 de 1830 de la « Gazette littéraire » que publie Delvig, bien des singularités

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Dans le n° 9 de 1830 de la « Gazette littéraire » que publie Delvig, bien des singularités. Par exemple, la rime dans l'épître de Pouchkine à Iazykov, datée de 1824 :

« Depuis toujours, une douce alliance
Lie les poètes entre eux :
Ils sont les prêtres des mêmes muses ;
Une même flamme les agite ;
Étrangers l'un à l'autre par le sort,
Ils sont parents par l'inspiration.
Je le jure par l'ombre d'Ovide :
Iazykov, je suis proche de toi.
Il y a longtemps que, sur la route de Dorpat,
Je serais parti à l'heure matinale
Et que vers ton seuil hospitalier
J'aurais porté mon lourd bâton,
Et que je serais revenu, ranimé
Par le tableau de jours sans souci,
Par un entretien libre et inspiré
Et par ta lyre sonore.

Mais le bonheur cruellement se joue de moi :
Depuis longtemps, sans toit, je suis emporté
Là où souffle la tempête ;
M'endormant, je ne sais où je m'éveillerai. —

Toujours persécuté, à présent en exil,
Je traîne des jours enchaînés.
Entends, poète, ma vocation,
Ne trompe pas mes espérances. ... ».

Traduction littérale

Non, le bonheur (stchastié) ne rime pas avec la tempête (nepogoda). Alors, d'où vient le problème ?

L'affaire est que le censeur a biffé du poème de Pouchkine le mot « autocratie » (samovlastié), et que le poète a délibérément inséré « tempête » là où il ne convenait pas, afin que nul ne doute que les lignes seraient tout de même lues correctement.

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