vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

Dans les années 1960, des archéologues des universités d'Istanbul et de Chicago travaillaient sur des fouilles en Anatolie du Sud-Est et y découvrirent un tumulus recouvert de dalles de calcaire

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Dans les années 1960, des archéologues des universités d'Istanbul et de Chicago travaillaient sur des fouilles en Anatolie du Sud-Est et y découvrirent un tumulus recouvert de dalles de calcaire

Dans les années 1960, des archéologues des universités d'Istanbul et de Chicago travaillaient sur des fouilles en Anatolie du Sud-Est et y découvrirent un tumulus recouvert de dalles de calcaire. Les savants consignèrent le fait, mais le site ne les intéressa guère. Le tumulus resta ainsi intact jusqu'en 1994, lorsque l'archéologue allemand Klaus Schmidt se décida à se rendre à Antalya pour procéder à une étude enfin sérieuse de l'objet. Et il eut raison. Les trouvailles archéologiques de ce lieu ont bouleversé les représentations du Néolithique ancien du Proche-Orient et de l'Eurasie tout entière.

Klaus Schmidt consacrera l'essentiel de sa carrière scientifique au site aujourd'hui connu sous le nom de Göbekli Tepe. Comme l'établira l'équipe d'archéologues allemands réunie par Schmidt, Göbekli Tepe fut bâti au plus tard au XIe millénaire avant notre ère, ce qui le rend de 6000 ans plus ancien que Stonehenge. La question de la destination première de l'édifice demeure ouverte à ce jour : selon une version plus classique, Göbekli Tepe serait un sanctuaire. Il existe cependant une autre hypothèse assez convaincante, celle de Martin Sweatman, de l'École d'ingénierie de l'université d'Édimbourg. Il admet que Göbekli Tepe ait pu fonctionner comme un calendrier luni-solaire ou un observatoire.

Dans les couches les plus anciennes de la construction, on n'a trouvé aucune trace d'animaux ou de plantes domestiqués. Selon toute apparence, le chantier fut commencé par des chasseurs-cueilleurs, puis achevé par des hommes qui avaient adopté l'agriculture. Il est remarquable que sur le mont Karacadağ, à 30 km de Göbekli Tepe, pousse une variété sauvage de blé dont descend, d'après les études génétiques, le blé domestique.

Schmidt comptait laisser l'essentiel du complexe intact, afin de le préserver pour les savants des générations futures (lorsque les méthodes archéologiques seront, suppose-t-on, devenues plus perfectionnées). Toutes les conclusions relatives au complexe cultuel de Göbekli Tepe ont pour l'instant un caractère préliminaire, puisque les fouilles ne portent que sur 5 % de sa superficie. Les archéologues estiment que les recherches se poursuivront encore une cinquantaine d'années.

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