En 1908, Ilia Metchnikoff reçut le prix Nobel pour ses travaux sur l'immunité : il avait jadis découvert, dans une larve d'étoile de mer, des cellules mobiles qui détruisent les corps étrangers
En 1908, Ilia Metchnikoff reçut le prix Nobel pour ses travaux sur l'immunité : il avait jadis découvert, dans une larve d'étoile de mer, des cellules mobiles qui détruisent les corps étrangers. La découverte des phagocytes ne fit pas sur le monde savant, ni en Russie ni en Occident, l'impression qu'elle méritait. Il fallut attendre 16 ans pour que le comité Nobel mesure l'ampleur de la sensation, mais, par une ironie du sort, Metchnikoff s'occupait alors de questions tout autres. Par exemple : comment la vieillesse et la mort sont devenues des éléments de la sélection évolutive, et pourquoi elles surviennent si prématurément. Dans le cadre de ces recherches, le savant dressa la liste de 107 organes humains inutiles, voire nuisibles. Il désigna comme un atavisme meurtrier le gros intestin, qui sécrète des poisons par suite des processus de putréfaction. Pour conjurer cet effet, Ilia Ilitch comptait recourir à un régime lacté de choc : il convertit lui-même son alimentation aux produits laitiers et à la culture du bacille bulgare, dont on fait le yaourt. Mais, hélas, il ne lui fut pas donné de voir le résultat de l'expérience : en 1915, Metchnikoff mourut d'une myocardite.
Le corps d'Ilia Metchnikoff fut incinéré, et l'urne contenant ses cendres fut placée dans une armoire à livres de la bibliothèque de l'Institut Pasteur, où il avait travaillé de longues années. Le destin du savant...