L'âge du consentement en Grande-Bretagne et en Russie, d'Édouard Ier aux lois de 1886
En 1837, quand Victoria monta sur le trône, l'âge du consentement en Grande-Bretagne était de 12 ans, et il ne fut porté à 13 ans qu'en 1875. Inutile de dire que, grâce à cette norme, la prostitution des enfants prospérait. Certes, Édouard Ier, qui régnait au XIIIe siècle, avait instauré de lourdes peines pour le viol, jusqu'à la peine de mort, mais les actes sexuels commis sur des enfants de moins de 12 ans, la loi ne les considérait que comme un simple délit. Et ce n'est qu'en 1576, sous Élisabeth Ire, que les rapports avec des filles de moins de 10 ans furent tenus pour un viol ; les actes sexuels avec des enfants de 10 à 12 ans restaient néanmoins un délit. Jusqu'à ce qu'en 1886 l'âge du consentement fût relevé à 16 ans.
En Russie, la même année, la loi fixa l'âge du consentement des filles à 14 ans. Et encore, à condition de satisfaire aux critères d'innocence et d'ignorance ! Autrement dit, une fillette déflorée à 10 ans avait de très grandes chances de devenir une victime de violences sexuelles à répétition ou de finir dans une maison close, et les rapports avec elle n'étaient pas punis par la loi, puisque l'enfant ne répondait pas aux deux critères : l'innocence et l'ignorance de tout commerce galant. Selon l'explication du Sénat, les enfants de moins de 10 ans étaient par défaut réputés innocents et ignorants ; tous les autres devaient prouver leur ignorance et leur pureté.
La loi russe protégeait un peu plus sérieusement les garçons : leur âge du consentement était de 14 ans, et la relation avec de jeunes garçons était punie plus sévèrement en raison de la réprobation qui entourait les rapports homosexuels, considérés comme un crime contre la morale publique et qui n'admettaient aucun arrangement à l'amiable entre les parties. Mais c'est là un autre sujet, épouvantable, dans lequel, notamment, on rangeait parmi les relations homosexuelles jusqu'aux rapports oraux et anaux entre époux.