Le tableau de Guido Reni sur Atalante et Hippomène et le mythe de leur métamorphose en lions
Sauve qui peut, pauvre sot !
Guido Reni. Atalante et Hippomène, 1622-1625.
Le tableau s'inspire du mythe de la belle Atalante, qui proposait aux hommes épris d'elle de s'enfuir devant elle, et cela, entièrement désarmés. Elle-même les suivait, lance au poing, et, les ayant rattrapés, les tuait ; seul celui qui parviendrait à lui échapper se voyait promettre qu'elle deviendrait sa fiancée. Je ne puis m'empêcher de demander à quoi bon une épouse de ce genre, qui vous menace de mort ? Que penser d'une troisième voie, tout simplement ne pas la fréquenter ? Décidément, les hommes en rut sont d'une grande bêtise.
Hippomène fut le seul à se dérober à la lance de l'ardemment convoitée Atalante. Aphrodite lui avait donné des pommes d'or qu'il jetait à terre, et Atalante s'arrêtait pour les ramasser : c'est ainsi qu'il l'emporta. Autrement dit, elle n'est pas seulement maniaque, mais aussi cupide.
Hélas, une fois la victoire acquise, Hippomène ne jugea pas nécessaire de remercier Aphrodite, sa sauveuse, et celle-ci le maudit, bien entendu par la passion pour une femme. Étourdi par le désir, Hippomène s'abandonna à Atalante dans le temple de Cybèle, et les amants furent aussitôt changés en lions pour avoir souillé le sanctuaire.
J'espère que chacun en a tiré les leçons qui s'imposent.