Élèves de l'une des plus célèbres écoles religieuses juives, la yeshiva de Mir, à Shanghai
Fondée en 1815 dans le bourg de Mir, dans l'Empire russe, sur le territoire de l'actuelle Biélorussie, la yeshiva de Mir a joué un rôle décisif dans la formation de l'enseignement religieux juif. Et si son nom porte encore le mot Mir, l'école, que l'on appelait la yeshiva des yeshivas, a quitté la Biélorussie pendant la Première Guerre mondiale, d'abord pour Poltava, puis y est brièvement revenue, tant que les années 1920 et 1930, mesurées, prospères et mondialement reconnues, n'ont été qu'un court répit entre deux guerres mondiales.
En 1939, la yeshiva s'installa à Vilnius, en 1940 au Japon, et en 1941 à Shanghai, où elle travailla jusqu'en 1947. Si Vilnius était une étape attendue et proche pour fuir la persécution venue de l'ouest comme de l'est, le cap soudain mis sur le Japon fut une surprise. Il est vrai que, dans une Europe qui couvait et bruissait du grondement des défilés, il n'était déjà plus possible de se cacher. Ce déplacement s'accompagne d'une chaîne d'événements dignes d'un roman d'aventures : que dire, ne serait-ce que de la délivrance de centaines de visas japonais à l'ensemble de la communauté de la yeshiva, qui devait d'abord traverser l'Union soviétique jusqu'à l'Extrême-Orient...
Après la guerre, la yeshiva de Mir se scinda en deux : l'une s'établit à Brooklyn, l'autre à Jérusalem.

