Tu pleures ceux qui ne méritent point de larmes, bien que tes pensées soient celles des sages
Tu pleures ceux qui ne méritent point de larmes, bien que tes pensées soient celles des sages. Le sage ne se lamente ni sur la mort, ni sur la vie. Jamais il n'a été un temps où moi, toi et tous les princes de la terre n'aurions point existé, et jamais nous ne cesserons d'exister. De même que l'âme trouve dans cette forme mortelle l'enfance et la vieillesse, de même trouvera-t-elle semblable chose dans la forme à venir. Celui qui le croit fermement ne se trouble de rien, quoi qu'il lui advienne. La sensibilité des facultés engendre le chaud et le froid, le plaisir et le chagrin, qui viennent et s'en vont, et sont passagers et inconstants. Supporte-les avec patience. Car l'homme sage ne s'en trouble point, et celui pour qui le chagrin et le plaisir ne sont qu'un a été créé pour l'immortalité. Ce qui n'est qu'imaginé n'a point d'être, mais ce qui est réel est étranger au non-être. Ceux qui pénètrent le principe des existences voient la fin de toute existence. Apprends que celui qui a créé toutes choses est invulnérable, et que nul ne peut détruire l'être inépuisable ; quant à ces corps qui recouvrent les âmes qui y demeurent, et qui sont éternelles, invulnérables et au-dessus de toute conception, il leur est assigné d'être des êtres finis. Résous-toi donc à combattre !