Le premier sermon papal de 2022 a pris pour thème l'humilité de l'Enfant Jésus nouveau-né et sa confiance en sa Mère bénie, compte tenu de la pauvreté et de l'incertitude dans lesquelles il est né, afin de remplir nos cœurs d'amour plutôt que de peur
Ainsi vient Dieu : sans même avoir un berceau ! Quel sentiment doit être celui de Marie, qui sait qu'elle mettra au monde un fils qu'on appellera Fils du Très-Haut et auquel est promis le trône de son ancêtre David, lorsqu'elle doit coucher son enfant, le Sauveur nouveau-né, dans une mangeoire, au fond d'une étable obscure ? Et, en le laissant sous nos yeux, elle nous transmet un message prodigieux : Dieu est proche, à portée de notre main.
Il ne vient pas avec la force de celui qui veut se faire craindre, mais avec la fragilité de celui qui demande à être aimé. Il ne juge pas depuis son trône, là-haut, mais nous regarde d'en bas, comme un frère, ou plutôt comme un fils. Il est né faible et dans le dénuement, pour que plus personne n'ait honte. C'est précisément ce qui fait de la Vierge Marie notre modèle et notre avocate au milieu des incertitudes et des peurs qui nous attendent dans l'année à venir.
La nouvelle année commence avec un Dieu couché dans une mangeoire, qui nous donne du courage. Nous vivons des temps incertains et difficiles, à cause de la pandémie, des problèmes sociaux, des dangers d'ordre écologique, des injustices et des difficultés économiques mondiales.
Et enfin, en regardant Marie avec son fils dans les bras, dit François, je pense aux jeunes mères et à leurs enfants qui fuient les guerres et la faim ou qui attendent dans des camps de réfugiés. Ils sont si nombreux ! Et en contemplant Marie qui dépose Jésus dans la mangeoire, le rendant accessible à tous, souvenons-nous que la vie de chacun ne peut s'améliorer que si nous nous rendons accessibles aux autres, sans attendre qu'ils commencent. Je suis certain que tout le discours n'a été échafaudé que pour ce passage sur les réfugiés et la tolérance envers les migrants.
La paix se construit par l'attention portée au plus petit, rappelle le Pape, par la promotion de la justice, par le courage de pardonner, en éteignant le feu de la haine. Et il faut encore un regard positif sur les choses, qui voie toujours dans l'Église et dans la société non pas le mal qui nous divise, mais le bien qui nous unit ! Sombrer dans la dépression ou se plaindre ne sert à rien, est-ce bien compris ? Il nous faut retrousser nos manches.
Dans un monde encore en proie à la pandémie, qui a créé des problèmes indicibles, « certains tentent de fuir la réalité en se réfugiant dans leur petit monde ; d'autres y répondent par une violence destructrice. Pourtant, entre l'indifférence égoïste et la protestation violente, il existe toujours une autre option possible : le dialogue ».
C'est à peu près ce discours que François Ier a prononcé. Je le signale au cas où quelqu'un penserait que le Pape ne se considère pas comme un chef politique.