Victor Hugo évoque sa naissance à Besançon dans la traduction russe de Valéri Brioussov
Le poème de Victor Hugo « Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte » est le plus connu en russe dans la traduction de Valéri Brioussov ; il s'ouvre sur cette strophe :
Notre siècle avait deux ans ; Rome succédait à Sparte :
Déjà Napoléon transparaissait sous Bonaparte,
Et le masque étroit qu'avait pris le Premier consul,
Le visage de l'empereur parfois le déchirait.
Dans une vieille ville espagnole, à Besançon,
Jeté comme un grain sur un versant battu des vents,
Mêlant dans son corps le sang lorrain au sang breton,
Vint alors au monde un nourrisson : minuscule, à peine vivant.
Sans voix, presque aveugle et muet, une chimère !
— Étranger à tous, il ne fut sauvé que par la foi de sa mère.
Pour son cou menu et souple comme un brin de houblon,
Il semblait qu'il fallût un cercueil, mais le cercueil devint berceau !
Tous pensaient que la mort rôdait tout près de l'enfant,
Que dès le lendemain le destin le rayerait de la liste,
Mais cet enfant, c'était moi. Plus tard, peut-être, je vous dirai
Combien de forces, de soucis, d'amour, et de prières
Vers les cieux, a dépensé pour son fils condamné
Ma mère, de sorte que je fus deux fois enfanté par elle !
Ô ange ! le sort nous a donnés trois à toi,
— Et sur nous tous tu as répandu également ton amour.
Traduction littérale