samedi, 3 octobre 2026

«Au début, nous n'arrivions pas du tout à comprendre pourquoi on menait tant de rennes à travers la toundra jusqu'à Arkhangelsk

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« Au début, nous n'arrivions pas du tout à comprendre pourquoi on menait tant de rennes à travers la toundra jusqu'à Arkhangelsk. Les militaires qui nous accompagnaient disaient qu'on allait former des unités de combat. Nous ne comprenions toujours pas quelles unités de combat on pouvait bien tirer de rennes. Parmi nous, il y avait des Nenets, des Komis, et aussi des Russes. Certains Russes vivaient dans la toundra depuis leur enfance ; ils savaient conduire les attelages de rennes. Nous étions environ une centaine… On nous a rattachés à un bataillon, et pendant un mois nous avons suivi une instruction tactique. L'attelage de rennes file à toute allure, et soudain les mitrailleuses se mettent à crépiter. Aussitôt les rennes se jettent de côté, ou s'arrêtent net, comme cloués au sol. Des obus de mortier passaient au-dessus de nous, nous avons écouté les salves des canons. Nous creusions des tranchées dans la neige, nous y entrions tout entiers, attelage compris. On regarde autour de soi : plus de rennes, plus d'hommes, et nous, en tenues de camouflage, dans les tranchées. Soudain, on nous a embarqués dans un convoi. Pour la première fois de leur vie, les rennes sont montés dans des wagons. Nous demandons aux chefs : “Où nous emmène-t-on ?” — “À la guerre ! disent-ils. Battre les fascistes.” Nous avons transporté d'Arkhangelsk à Mourmansk environ mille rennes mâles. Tous les rennes étaient déjà dressés. Ils n'avaient pas peur des coups de feu »

Voskoboïnikov M. Les hommes du Nord montent à l'attaque

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