samedi, 3 octobre 2026

Poème « La Girafe » de Nikolaï Goumilev sur une girafe raffinée du lac Tchad

Partager
Poème « La Girafe » de Nikolaï Goumilev sur une girafe raffinée du lac Tchad

Aujourd'hui, je le vois, ton regard est particulièrement triste,
Et tes mains particulièrement fines, quand tu étreins tes genoux.
Écoute : très loin, très loin, sur le lac Tchad
Erre une girafe exquise.
Une svelte gracilité et une langueur lui ont été données,
Et sa robe est ornée d'un motif enchanté,
Que seule la lune oserait égaler,
Quand elle se brise et vacille sur l'eau des vastes lacs.
De loin, elle ressemble aux voiles colorées d'un navire,
Et sa course est fluide, comme un joyeux vol d'oiseau.
Je sais que la terre voit bien des merveilles,
Quand, au couchant, elle se cache dans une grotte de marbre.
Je sais les contes joyeux de pays mystérieux,
Sur la vierge noire, sur la passion du jeune chef,
Mais tu as respiré trop longtemps le lourd brouillard,
Tu ne veux plus croire en rien, hormis la pluie.
Et comment te parler du jardin tropical,
Des palmiers élancés, du parfum d'herbes inconcevables…
— Tu pleures ? Écoute… loin d'ici, sur le lac Tchad
Erre une girafe exquise.

Traduction littérale

Nikolaï Goumilev, « La Girafe »

Signaler une erreur de traduction