PIERRES PRÉCIEUSES
Tous ceux qui s'intéressent à la dinotopie ont sûrement déjà croisé le curieux matériau archéologique dont je vais vous parler aujourd'hui. Quant aux novices, ils apprendront que les stalactites pendent de la voûte des grottes, que les stalagmites se forment sur le sol, et que les coprolithes, ce n'est tout simplement que de la merde fossilisée.
Les coprolithes ne sont pas la source la plus prisée de la recherche archéologique, mais ils livrent parfois des données tout à fait captivantes. J'ai moi-même consacré à leur analyse tout un petit chapitre de ma thèse. En bref, la nouvelle tient à l'étude des traces d'infestation par des vers intestinaux dans les coprolithes humains, mais j'y reviendrai plus en détail une autre fois.
Les coprolithes peuvent en dire long à la science : sur le régime alimentaire et l'intensité de la nutrition, sur la saisonnalité et les déplacements des animaux, sur les infections, les épidémies et les indicateurs démographiques, et ainsi de suite. En rassemblant le matériel de mon travail, j'ai remarqué autre chose encore : les coprolithes sont plutôt bien représentés dans la culture de masse.
Ils ressemblent presque à de simples cailloux. Mais parfois, une fois tranchés, on dirait les perles du collier de votre grand-mère. Et, figurez-vous, on emploie couramment les coprolithes pour fabriquer des objets décoratifs. Alors la prochaine fois que des collègues vous offriront des boutons de manchette en pierre semi-précieuse, demandez-leur s'il ne s'agirait pas de merde fossilisée.
Les os de dinosaures sont bien plus rares que leurs crottes. Vous comprenez, aux formes et aux dimensions les plus fantaisistes. À ce propos, les nanas qui se font photographier avec des coprolithes dans les petits musées américains au bord des routes, en se les collant sur les seins et sur la trogne, méritent une mention à part.
Soit dit en passant, un chercheur possédait même une table entière, faite de coprolithes de dinosaures polis.