mardi, 6 octobre 2026

Saltykov-Chtchedrine sur Zola et Goncourt après « Manette Salomon » dans une lettre de 1875

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Saltykov-Chtchedrine dans une lettre à Nekrassov du 14 novembre 1875 :.

« Goncourt écrit admirablement… L'article de Zola sur les Goncourt est très bon… la correspondance de Zola sur les inondations est de celles qui vous font dresser les cheveux sur la tête. Un véritable drame, épouvantable… Si l'affaire ne se faisait pas avec Zola, je jugerais utile d'inviter Goncourt, non pour le feuilleton, dont il est incapable, mais pour qu'il donne un roman. »

Saltykov-Chtchedrine dans une lettre à P. V. Annenkov du 20 novembre 1875 :

« J'ai lu ces jours-ci la Manette Salomon de Goncourt, et j'ai eu comme les yeux dessillés. Je me suis pris de haine pour Zola et pour Goncourt… Dickens, Rabelais et consorts nous placent directement face à face avec des figures vivantes, tandis que ces pauvres hères… nous gavent de psychologie… Désormais, à mes yeux, de toute l'œuvre de Zola, seul Le Ventre de Paris existe. La psychologie est une chose arbitraire : on a beau enfiler les perles, ou bien on n'arrive pas au bout, ou bien on les enfile trop. Et il en sort une trogne de travers, rognée, non pas un homme, mais un comprachico. »

Il a fini par voir clair, Dieu merci !

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