Bon dimanche des Rameaux, fête de la lumière !
J'ai une question, qui s'adresse peut-être moins aux recteurs des églises moscovites qu'aux simples citadins doués d'un peu d'esprit d'observation. Où est donc la difficulté de faire venir des branches de saule pour les paroissiens et de dresser des étals à l'entrée de l'église ? On vend des cierges, on trouve de l'eau bénite en vente libre, mais du saule, impossible d'en dénicher. Deux personnes sont venues demander, dans l'église même, où l'on pouvait trouver du saule.
Les marchés de la ville ont tous été anéantis ou transformés en food courts hipsters dont personne n'a que faire, le commerce privé de rue est interdit, et il faut encore se donner du mal pour dénicher quelque grand-mère qui vendrait du saule au coin d'une rue. Je constate cette situation depuis des années et je m'en étonne. Je décris ce que j'ai observé à Moscou précisément, dans les arrondissements du centre.
On en vient parfois à se demander, malgré soi, si Moscou est bien la capitale du plus vaste pays orthodoxe du monde. Plus de processions populaires à travers les rues (jadis, chacun savait par cœur à quoi ressemblaient les antiques bannières de chaque église moscovite), plus de marchés des Rameaux, alors que la fête se célébrait toujours en grand, plus de fêtes de Pâques dans la ville entière ; en revanche, les cyclistes prospèrent, avec leurs parades et leurs fermetures de la ville presque un week-end sur deux pendant la belle saison. Ne pourrait-on pas remplacer quelques-uns de ces fonctionnaires si ardents défenseurs du sport par d'autres, qui veilleraient à préserver le mode de vie orthodoxe plusieurs fois séculaire dans la Russie orthodoxe gardée par Dieu, pays qui compte la plus nombreuse population orthodoxe du monde ?
En Italie, dans les églises catholiques, on vend ou l'on propose partout, contre une offrande, de petits bouquets d'olivier de toutes sortes, avec un joli ruban ou une petite icône, et cela toute la semaine, voire, par endroits, après Pâques. Chez nous, allez donc voir par vous-mêmes comment les choses se passent, la journée est si ensoleillée, Dieu merci !