La légende de l'émissaire du Kremlin à la datcha de Pasternak à Peredelkino
La maison de Pasternak à Peredelkino, bien sûr, s'entoure de tout un corpus légendaire. Enfant, j'aimais beaucoup cette datcha et je me demandais peu si les histoires qui courent à son sujet étaient bien réelles. Qui songe à la critique quand on y voit défiler des gens comme Alla Demidova ! Mais je me souviens d'une parabole d'une naïveté délicieuse : un homme du Kremlin serait venu chez Pasternak avec une dépêche, pour lui faire signer une lettre de dénonciation ; Pasternak aurait refusé, disant : plutôt qu'on me tue, et que mon fils n'ait plus de père, que d'avoir un père traître ; puis il aurait fait dégringoler l'homme et sa dénonciation du haut de l'escalier. Non content de ne pas laisser entrer le courrier chez lui, il l'aurait encore roué de coups : cela sonne de façon assez équivoque par les temps qui courent, n'est-il pas vrai ? Mais le plus intéressant, à propos de cet escalier, c'est qu'il n'y a là que trois marches. Bref, c'est de ces trois marches-là qu'il l'aurait fait dégringoler.