Icône de l'imposition du nom de Jean-Baptiste, avec les apôtres au revers
Nativité de saint Jean Baptiste, icône russe de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle.
La légende évangélique raconte que, sous le règne du roi Hérode, un ange apparut à Zacharie, prêtre avancé en âge, et lui dit : « Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée, et Élisabeth, ta femme, t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. » Zacharie ne le crut pas et fut frappé de mutisme jusqu'à l'accomplissement de la prédiction. Après la naissance de l'enfant, Élisabeth se mit à demander à Zacharie comment il fallait nommer le nouveau-né ; il réclama alors une tablette, sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom », et recouvra aussitôt l'usage de la parole.
L'iconographie de ce sujet ressemble à celle de la Nativité de la Mère de Dieu et s'est formée dans l'art byzantin dès l'époque antérieure aux Paléologues, c'est-à-dire avant le XIIIe siècle.
Au centre de la composition, sur une haute couche, Élisabeth est étendue en diagonale, vêtue d'un maphorion rouge clair. Tournée vers Zacharie, elle s'explique avec lui par signes. Le grand prêtre Zacharie est assis à droite sur un trône à degrés ; il écrit sur la tablette le nom « IωА », ou « Jean est son nom ».
À gauche, séparées de la couche par un mur bas de couleur grise, deux femmes s'approchent d'Élisabeth, l'une avec un ripidion (un éventail), l'autre avec des présents (un plat de nourriture).
En bas, devant la couche, est figurée la scène du bain du nouveau-né dans la cuve, par deux servantes. L'une des femmes tient une cruche à la main, l'autre est assise près d'un bassin d'eau, le petit Jean dans les bras.
Cette icône est à double face. Au revers sont représentés, en buste, le Sauveur, la Mère de Dieu, Jean le Baptiste et les douze apôtres, encadrés de rameaux stylisés garnis de fleurs. Inscription au revers : « Il monta sur son cheval, sur ses apôtres, et prit leurs rênes dans ses mains »
