La rédaction du Journal of Human Evolution, revue scientifique de paléoanthropologie, a démissionné en bloc : l'éditeur lui imposait des outils d'intelligence artificielle qui n'amélioraient ni l'efficacité ni la qualité du travail, mais…
On rapporte notamment que, lorsqu'à l'automne 2023 un assistant machinal fondé sur l'IA a été mis à contribution pour l'édition des textes, il s'est mis à remplacer par des minuscules toutes les majuscules des noms propres, à modifier les graphies des polices spécialement employées pour mettre en valeur les termes et la nomenclature scientifique. Résultat : il fallait suspendre la publication d'articles déjà approuvés et les rééditer de fond en comble après le passage de l'IA.
Toutefois, en dépit des problèmes créés et des plaintes de la rédaction, l'éditeur a persisté à employer l'assistant d'IA, qui dégradait sensiblement la qualité de la relecture et allait jusqu'à altérer le sens des articles traités. La rédaction a fini par démissionner, à la surprise générale. L'éditeur s'emploie désormais à obtenir de son assistant d'IA une réponse à la question : que faire maintenant ?
L'article est savoureux, le cas est drôle et révélateur, mais une question se pose tout naturellement : l'éditeur ne pouvait-il donc pas engager un ingénieur de prompts digne de ce nom, pour régler l'intelligente machine de façon qu'elle ne remplace pas, malgré tout, le juste par l'erroné, ou bien, comme d'ordinaire, tout a-t-il été volé avant nous ?