mercredi, 7 octobre 2026

Procope de Césarée décrit l'impératrice Théodora dans le pamphlet « Histoire secrète

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Procope de Césarée a recueilli force ragots sur l'empereur Justinien et son épouse Théodora dans son pamphlet « Histoire secrète », œuvre controversée et scandaleuse, pour laquelle les historiens se chamaillent encore. On y trouve cette description fort divertissante de l'impératrice Théodora, dont la biographie est des plus contradictoires :

Cette femme n'avait pas une once de pudeur, et nul ne la vit jamais confuse : sans la moindre hésitation, elle s'acquittait de son honteux office.

Elle ne jugeait pas nécessaire d'attendre que l'homme avec lequel elle avait commerce tentât de la séduire, mais, au contraire, par ses plaisanteries provocantes et le jeu folâtre de ses hanches, elle enjôlait tout le monde sans distinction, les garçons imberbes surtout.

Elle se rendait souvent à un dîner organisé à frais communs par dix jeunes gaillards, parfois davantage, remarquables par leur force physique colossale et rompus à la débauche, et pendant la nuit elle s'abandonnait à tous les convives ; puis, lorsque tous, exténués, se trouvaient hors d'état de poursuivre ce passe-temps, elle allait trouver leurs serviteurs, qui étaient parfois jusqu'à trente, s'accouplait avec chacun d'eux, et même alors ne connaissait pas la satiété de cette lubricité.

Usant dans son métier de trois orifices, elle faisait grief à la nature, dépitée que ses seins n'eussent pas une ouverture plus large, qui lui eût permis d'inventer encore une autre manière de commerce.

Souvent, au théâtre, à la vue de tout le peuple, elle ôtait sa robe et se retrouvait nue au milieu de l'assemblée, n'ayant qu'une étroite bandelette à l'aine et aux parties honteuses, non point qu'elle eût honte de les montrer aussi au peuple, mais parce qu'il n'était permis à personne de paraître en ce lieu entièrement nu, sans ceinture sur les parties honteuses. Dans cet appareil, elle se cambrait en arrière et s'étendait sur le dos. Les serviteurs chargés de cette besogne jetaient des grains d'orge sur ses parties honteuses, et des oies, spécialement dressées à cet effet, les en retiraient à coups de bec et les mangeaient.

Lorsqu'il arrivait à quelque personne plus respectable de la rencontrer sur la place du marché, elle se détournait et s'éloignait en hâte, afin de ne pas toucher les vêtements de cette femme et de ne point se souiller ainsi de cette impureté. Pour ceux qui la voyaient, surtout le matin, cela passait pour un mauvais présage.

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