dimanche, 4 octobre 2026

Le projet de transformation de l'Acropole du célèbre architecte prussien Karl Friedrich Schinkel, à qui Othon, premier roi des Grecs, avait proposé de bâtir un palais royal à Athènes, modeste bourgade de province d'environ 10 000 habitants…

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Le projet de transformation de l'Acropole du célèbre architecte prussien Karl Friedrich Schinkel, à qui Othon, premier roi des Grecs, avait proposé de bâtir un palais royal à Athènes, modeste bourgade de province d'environ 10 000 habitants…

Schinkel devançait de loin son temps en proposant d'élever le palais littéralement à la place des temples antiques, en intégrant les ruines de l'époque de Périclès à un quartier royal, résidentiel et administratif. Autrement dit, c'était détruire l'Acropole et tous ses monuments au profit d'un pastiche neuf, qui eût convenu tout aussi bien à Berlin, à Varsovie ou aux rochers du littoral de la mer Noire.

Dans l'idée de l'architecte, les colonnes, les dalles antiques et, par exemple, le portique des Caryatides devaient être encastrés dans une architecture néoclassique moderne, unissant ainsi deux époques de l'histoire grecque.

Sur l'une des esquisses, on voit qu'il était prévu de séparer le marbre ancien du bâtiment moderne par des vitrages. Il n'était toutefois nullement question de muséification : à cette époque, l'Acropole n'était pas encore perçue comme l'un des plus précieux trésors du patrimoine mondial. Schinkel, qui n'avait jamais mis les pieds en Grèce ni à Athènes, aurait simplement conservé quelques vieilles pierres dans les murs du nouveau palais, uniquement pour le décor et pour entretenir l'esprit romantique.

Par bonheur, la jeune Grèce n'aurait tout bonnement pas eu les moyens d'un tel projet, et le roi préféra renoncer à ce dessein grandiose au profit d'un palais plus modeste, au centre de la ville, conçu par un autre architecte, von Gärtner. C'est aujourd'hui le palais de la place de la Constitution, et l'Acropole reste l'Acropole, sans aucun Schinkel.

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