samedi, 3 octobre 2026

Poème « La Lutte pour l'existence », dédié à Darwin, sur un été au bord de l'Istra

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J'ai lu chez Egor Kholmogorov une réfutation en règle des croyants du darwinisme, et je me suis souvenu d'un poème du poète satirique Piotr Choumakher (1817-1891), consacré justement à Darwin.

La lutte pour l'existence (Dédié à Darwin)

J'étais sur l'Istra, cet été,
Dans un coin perdu, oublié ;
Je vivais en poète contemplatif,
Et je respirais si librement.

J'avais avec moi mon fidèle chien Trézorka,
Je me levais tôt le matin,
Je cueillais des fraises sur la butte
Et, à l'heure de la canicule, je m'étendais dans la forêt humide.

Je flânais en rêvant, comme un sauvage,
Dans le pré parfumé, parmi les buissons,
Et je rentrais à la maison, las,
Avec un bouquet de fleurs ravissantes.

Au dîner : pain, beurre, œufs à la coque ;
Puis je buvais le thé ; et, le soir,
Après avoir régalé de grain ma poule huppée,
Je donnais du lait à l'agneau.

Deux hirondelles filaient vivement
Sous le belvédère, vers leur nid chéri ;
La nuit, l'Istra murmurait pour moi sa chanson
Et le rossignol sifflait dans le jardin !…

Tout a passé, comme un beau rêve !
Mais je suis triste quand je me rappelle
De quelle mort affreuse
Ont péri tous mes amis.

Les petites hirondelles à ma fenêtre,
Il ne me sera plus donné de les revoir :
Elles sont tombées dans les griffes d'un chat,
Et leur nid a été saccagé ;

Ma poule huppée, un épervier à l'œil perçant
L'a saisie et s'est élevé avec elle vers le ciel ;
Le loup s'est enfui dans la forêt sombre avec Trézorka,
Quant à l'agneau, je l'ai mangé — moi-même.

Traduction littérale

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