dimanche, 4 octobre 2026

Les difficultés des épouses d'Henri VIII à mener leurs grossesses à terme, des chercheurs de la Southern Methodist University (États-Unis) les rattachent à la présence dans le sang du roi d'un antigène particulier, appartenant à ce groupe de peptides des

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Les difficultés des épouses d'Henri VIII à mener leurs grossesses à terme, des chercheurs de la Southern Methodist University (États-Unis) les rattachent à la présence dans le sang du roi d'un antigène particulier, appartenant à ce groupe de peptides des érythrocytes qui, circulant dans le sang de l'homme, interdisent à une femme porteuse du même antigène de lui donner un enfant. La naissance d'un enfant, dans une telle situation, n'est possible que si le sang de la mère présente un indice négatif pour cet antigène. La difficulté est qu'au cours de la grossesse l'organisme de la femme se met à produire ses propres anticorps, lesquels, lors des grossesses suivantes, pénètrent dans le placenta et détruisent le fœtus.

Cette hypothèse explique pourquoi trois épouses seulement purent porter un enfant en bonne santé à Henri VIII, tandis que toutes les tentatives ultérieures se soldèrent pour le couple par un échec. Reste une question : où chercher les origines de ce phénomène héréditaire chez le Gros Harry ?

Le donateur d'une anomalie aussi fâcheuse pourrait être l'arrière-grand-mère d'Henri par sa mère, Jacquette de Luxembourg, qui donna au monde 14 enfants, tous survivants. L'un de ses six fils mourut dans l'enfance, et les cinq autres furent sans postérité – l'un, il est vrai, était prêtre, et un autre resta célibataire. L'hypothèse est intéressante, quoique équivoque. Ses auteurs ne voient pas dans la fécondité des filles de Jacquette une réfutation : beaucoup de ses descendants masculins eurent des difficultés à assurer leur lignée.

Un sort aussi tragique n'est pas typique, même pour le XVIe siècle, où la mortalité infantile était assurément élevée, mais où la proportion de grossesses menées à terme, même dans les couches pauvres de la population, dépassait sensiblement le rapport entre naissances réussies et grossesses chez les épouses d'Henri. Dans l'ensemble, compte tenu de la mortalité infantile de l'époque, la durée de vie moyenne des nourrissons permettait à la plupart d'atteindre le baptême, à la différence des rejetons d'Henri VIII, morts en bas âge.

Si Henri avait hérité l'antigène par cette lignée, il l'aurait reçu de sa mère, qui le tenait de sa propre mère, la reine consort Élisabeth Woodville. Lady Woodville eut de nombreux enfants de deux mariages ; du second, avec Édouard IV, dix naquirent. Des trois fils d'Élisabeth et d'Édouard, deux moururent à 13 et à 10 ans, le dernier à un an. Parmi les six sœurs de la mère d'Henri, plusieurs restèrent sans enfants pour des raisons diverses ; l'une d'elles, Anne d'York, après un premier accouchement heureux, perdit deux fils en bas âge et eut un enfant mort-né.

Poursuivant sur la piste médicale de l'antigène, les chercheurs relèvent que ses porteurs souffrent souvent de troubles cardiaques, sanguins et nerveux, et que leur santé se dégrade à une vitesse fulgurante après quarante ans.

L'une des causes probables de la mort d'Henri VIII est précisément d'ordre cardio-vasculaire : on sait qu'il devint soudain maladif après sa blessure à la jambe, consécutive à une chute de cheval en 1536 – le cheval lui étant tombé dessus, il resta plusieurs heures sans connaissance. Certains historiens voient dans cet épisode le point de départ de la folie du roi, conséquence d'un traumatisme crânien. La plaie de la jambe, longtemps rebelle à la guérison, joua elle aussi son rôle fatal dans la dégradation rapide de l'état général du Tudor, de plus en plus immobilisé d'année en année. Le syndrome de McLeod, tel qu'on le décrit, provoque aussi bien une faiblesse musculaire que l'atrophie des membres qui en découle.

Aucun des fils d'Henri VIII n'atteignit la majorité, et ses deux filles restèrent sans enfants, si bien qu'il est impossible de prouver le caractère héréditaire du mal par l'exemple de sa descendance, bien qu'on ne puisse guère ne pas remarquer que Marie la Sanglante avait, tout de même, un sacré grain de folie.

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