vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

Les dîners à table ouverte du comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov étaient passés à la légende : ses festins étaient prisés non seulement de ses collègues et de sa parentèle, mais aussi de membres de la famille impériale et d'hôtes étrangers de marque,

Partager
Les dîners à table ouverte du comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov étaient passés à la légende : ses festins étaient prisés non seulement de ses collègues et de sa parentèle, mais aussi de membres de la famille impériale et d'hôtes étrangers de marque,

Les dîners à table ouverte du comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov étaient passés à la légende : ses festins étaient prisés non seulement de ses collègues et de sa parentèle, mais aussi de membres de la famille impériale et d'hôtes étrangers de marque, telle la peintre Vigée Le Brun. Il arrivait que s'assissent à la table de cet époux influent et fortuné des gens qu'il ne connaissait même pas. Selon la tradition russe, les familles nobles ouvraient d'ordinaire leurs portes à tous les convives venus partager le repas ; souvent, plus de cinquante personnes se trouvaient réunies, mais, l'usage des présentations officielles exigeant un rituel particulier, cette formalité était parfois omise, et les maîtres de maison n'avaient aucune idée de qui ils nourrissaient.

On sait que, chez le comte Stroganov, un homme dont il ignorait le nom dîna chaque jour pendant près de 30 ans. Et un beau jour, ne voyant plus ce fidèle à sa table, Stroganov s'enquit de savoir si son commensal attitré était encore en vie. Il s'avéra que seule la mort l'avait empêché de se rendre à la table ouverte du comte : en chemin vers le dîner chez Stroganov, cet homme avait été renversé.

« Le premier service était la zakouska, composée de mets propres à aiguiser l'appétit : caviar, radis ; même des fruits, tels que prunes et grenades, y entraient ; le plus précieux des mets de zakouska était constitué par les joues de harengs, et il en fallait plus de mille harengs pour un seul plat.

Au deuxième service, on présentait encore des mets piquants : lèvres d'élan, pattes d'ours bouillies, lynx rôti. Soit dit en passant, ce plat, le plus ancien de la cuisine russe, aujourd'hui tout à fait oublié, était en usage à la cour du tsar Alexis Mikhaïlovitch : le lynx n'était alors pas tenu pour immangeable, la chair de cet animal se distinguant par sa blancheur.

Venaient ensuite des coucous rôtis au miel et au beurre, des laitances de lotte et du foie frais de flétan ; le troisième service comprenait des huîtres, du gibier farci de noix et de figues fraîches.
En guise de salades, on servait des pêches salées, des ananas, alors très rares, au vinaigre, et ainsi de suite »
, écrit à propos des dîners de Stroganov l'historien Pyliaïev.

Signaler une erreur de traduction