jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Bâtie au XVIIIe siècle, la demeure a survécu à l'invasion de Napoléon, à la révolution, à la nationalisation, à la collectivisation et à la Grande Guerre patriotique, mais pas à un paysan ivre

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Bâtie au XVIIIe siècle, la demeure a survécu à l'invasion de Napoléon, à la révolution, à la nationalisation, à la collectivisation et à la Grande Guerre patriotique, mais pas à un paysan ivre. Dans les années 1950, elle fut incendiée par des kolkhoziens éméchés qui avaient décidé de se réchauffer, par une nuit glaciale, entre les murs du grand palais seigneurial où l'on entreposait du chanvre. Le feu prit, et le palais fut détruit, entièrement consumé.

Pendant de longues années encore, l'édifice resta debout, sans toiture ni planchers, et se délabra peu à peu. Aujourd'hui encore, tous ne connaissent pas la véritable cause de la désolation de Khmelita au milieu du XXe siècle, et mettent sa déchéance sur le compte des maudits fascistes.

Aux années parfaitement prospères du pouvoir soviétique, le superbe palais n'était plus qu'une ruine authentique : il n'y restait rien, hormis les murs. L'attitude de l'État envers ce nid de gentilshommes était d'une parfaite indifférence. Fourtseva, lorsqu'on s'adressait à elle pour obtenir de l'aide dans des cas semblables, répondait : « Nous avons déjà bien assez de monuments. »

En 1967, le célèbre restaurateur et gardien de l'antiquité russe Piotr Baranovski vint ici avec son élève Viktor Koulakov, qui devait par la suite se consacrer à la restauration du domaine ruiné. Et il l'a restauré. Plus exactement, il le restaure depuis cinquante ans. La seule idée de cette beauté recréée par la volonté, l'obstination et les forces d'un seul homme est extrêmement inspirante.

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