Poème de Valentin Gaft adressé à Iouri Vizbor sur la pop contemporaine
La pop nous crible l'âme de shrapnels,
On ne peut l'en traduire en justice.
Une partie de la génération a grandi parmi les sornettes,
Et la nouvelle naît dans le délire…
Ô, Petit Soleil de la forêt, chanson-miracle !
Comme nous chantions en captivité, les drôles !
La liberté est venue, et nous voilà intéressés davantage
Par ces avortons piaillards, ces vulgaires…
Les paroles ne sont rien, il n'y a que des cris de dégénérescence.
Est célèbre celui qui est le plus malade.
Qui monte chanter sans la moindre gêne,
Sans conscience, sans peur, sans pantalon.
Où est la chanson qu'on voudrait chanter ?
Où sont les paroles qu'on ne voudrait jamais oublier ?
Eh bien, que braire à propos d'un petit morceau de corps
Qui veut très fort vivre avec quelqu'un ?
De l'écran de télévision, comme d'un restaurant,
Pour plus d'importance, forçant un peu l'enrouement,
Ils sèment le sel sur les plaies à pleins poids,
Comme sur le chou ou sur les cornichons.
En peignoir, une silhouette asexuée
S'est mise à chanter, dénudée sans raison…
C'est écœurant. Chante-nous, Iouri,
La chaleur des femmes et le courage des hommes.
Traduction littérale
Valentin Gaft, à Iouri Vizbor