samedi, 17 octobre 2026

Polémique sur les dommages de la Tapisserie de Bayeux après son transfert au British Museum

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Polémique sur les dommages de la Tapisserie de Bayeux après son transfert au British Museum

Tandis que le député français Jean-Philippe Tanguy qualifie de scandale l'endommagement de la Tapisserie de Bayeux, Paris Match publie un démenti à l'information sur le préjudice subi par la pièce :

Non, la tapisserie n'a pas été gravement endommagée à Londres.

Lorsque la tapisserie a été transportée à Londres en juillet, le ministère français de la Culture avait déclaré que l'objet ne présentait aucun changement visible. Début septembre, la ministre de la Culture Catherine Pégard a annoncé qu'après le déménagement, les experts avaient constaté la rupture de deux fils sur 70 mètres. Selon elle, c'est sans gravité, et l'on peut dire que la tapisserie se trouve dans l'état même où elle a quitté Bayeux. Plus tard, le rapport du British Museum a fait apparaître la formulation selon laquelle de petites déchirures de la chaîne de lin, en deux endroits, avaient pu se produire à n'importe quel moment après la prise de vues de contrôle de septembre 2025.

Les discussions sur les dommages ont repris de plus belle quand la ministre Pégard a déclaré qu'après son retour, la tapisserie ne serait plus accrochée à la verticale, mais exposée sur une surface inclinée. Ce qui, selon elle, était en discussion depuis une dizaine d'années.

À vrai dire, il n'y a pas de contradiction. Deux fils rompus et deux déchirures millimétriques sont bel et bien des dommages reconnus ; simplement, les restaurateurs jugent leur ampleur négligeable. Et oui, après son retour, la tapisserie ne sera plus exposée comme avant, afin de réduire la charge pesant sur la toile, mais on le rattache à de vieilles discussions, non à de nouveaux dégâts. D'un autre côté, il serait étrange de supposer qu'un tissu presque millénaire ne souffrirait en rien d'un transport vers un nouveau lieu.

Mais comme le transfert de la tapisserie au British Museum fut une décision personnelle de Macron, il serait ennuyeux de faire comme si rien ne s'était passé : tous les gens de bien se doivent, à la moindre occasion, de critiquer le volontarisme des fonctionnaires. Aussi toutes les inquiétudes, entretenues par la campagne contre le déplacement du monument, forte d'environ 70 mille signatures, se porteront-elles en définitive au crédit d'un rapport plus soigneux au patrimoine culturel. Le souci de la sauvegarde des monuments nationaux n'est jamais de trop.

Quoi qu'il en soit réellement de ces fils millénaires, le British Museum a intérêt à nier tout dommage substantiel, tout comme les deux gouvernements et le cabinet du président. La vérité, seuls la connaîtront les conservateurs et les souris de musée.

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