Varlam Chalamov sur ses poèmes, nés le dimanche et qui ont survécu
De poussière de caverne, de moisissure bleue,
Mes vers sont tout souillés.
Ils naissaient aux jours du dimanche,
Avares de mots et tranquilles.
Comme des bêtes, ils ont vite grandi,
Baptisés par la neige de l'Épiphanie
Dans les ténèbres gelées, dans l'humidité des marais.
Et pourtant, ils ont survécu.
Ils ne se vantent pas de leurs ancêtres,
Les descendants leur sont indifférents.
De leur cage de granit
Ils se contenteront pendant bien des années.
À présent, réveillés par des oiseaux
Qui n'ont pas des voix de rossignols,
Ils crient ce dont ils rêvent toujours
Dans le confort de la pierre et des forêts.
Me pardonnera ces analogies
Quiconque connaît ma vie,
Puisées dans la zoologie
Et au bord de la raison.
Traduction littérale
Varlam Chalamov